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Réaction d’Eurodad sur le nouveau Programme d’action d’Accra

05 August 2008

Le Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, qui doit se tenir début septembre à Accra, approche à grands pas. Les gouvernements des pays créanciers et des pays en développement négocient actuellement une nouvelle version du Communiqué qui sera soumis lors de cette rencontre – le dénommé Programme d’action d’Accra. Soucieux d’apporter leur contribution à ce nouveau projet de texte, Eurodad et divers membres du Comité international de pilotage de la société civile (International Steering Committe – ISG en anglais) ont rencontré les représentants des bailleurs et des pays partenaires, mardi dernier à Paris. Si les OSC ont à cette occasion salué le fait que, depuis la première mouture plutôt légère du texte, le Communiqué ait gagné en substance, elles n’ont en revanche pu que déplorer le manque d’engagements concrets qu’arbore le projet. Dans son état actuel, le texte n’a rien d’un « programme d’action », dans la mesure où il ne prévoit aucun calendrier prévisionnel et très peu d’engagements concrets et contraignants pour les Etats.


Eurodad a été particulièrement déçue par la vacuité de la rhétorique employée sur la conditionnalité. Les apparences sont parfois trompeuses, et nous savons qu’il est toujours utile de lire les petits caractères… Le document annonce que « les donneurs n’imposeront aucune condition » - les petits caractères expliquent pourtant qu’ils ont bien l’intention de continuer à le faire. Par ailleurs, les engagements relatifs à la transparence des donneurs, à la responsabilité mutuelle, à la prévisibilité, à l’aide liée et à l’assistance technique mériteraient eux aussi d’être renforcés. Globalement, la version actuelle est bien moins complète que celle qu’avait pu se procurer Eurodad en juin dernier, ce qui laisse à penser que certaines parties ont dû jouer de leur influence pour faire marche arrière.

Lors de la réunion de Paris, les représentants de nombreux pays, comme par exemple les Pays-Bas, ou encore l’Ouganda, se sont rangés du côté des critiques de l’ISG. Mais les Etats-Unis font clairement pression pour faire le moins de concessions possible face aux revendications des pays en développement, pendant que la Banque mondiale, qui devrait logiquement appuyer l’idée de privilégier l’acheminement de l’aide par le biais des systèmes nationaux, semble avoir les mains liées par ses principaux actionnaires. L’institution, qui a lancé différentes initiatives pilotes en Afrique afin de promouvoir le recours aux systèmes financiers et de passation des marchés nationaux, argumente qu’elle ne peut demander au Conseil d’administration, qui vient à peine d’approuver ces projets pilotes, d’entériner aujourd’hui un projet plus approfondi. Un argument pour le moins déconcertant dans la mesure où le Forum d’Accra est loin d’être un événement surprise.