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Dette multilatérale
Eurodad joue un rôle clé dans les campagnes internationales pour l’annulation de la dette multilatérale. En effet, nous surveillons les initiatives officielles, analysons les débats clés, diffusons les recherches politiques clés et enfin menons du lobbying direct. Régulièrement nous fournissons à nos membres des briefings reprenant nos lignes de défense et nous les poussons à se concerter en vue de leur permettre d’arrêter des stratégies ainsi que des positions et actions communes.
La dette multilatérale (qui est la dette due aux institutions financières internationales telles que la Banque Mondiale, le FMI et la Banque Interaméricaine de développement) représente une part importante de la charge de la dette de nombreux pays en voie de développement, en particulier des pays à bas revenus qui sont incapables d’obtenir de tels fonds auprès d’autres. Le fait que ces IFIs jouissent du statut de « créanciers préférés », met énormément de pression sur les pays même très pauvres pour qu’ils remboursent et ce malgré leur faible ressources financières.
Grâce à de nombreuses années de pression, la Communauté internationale a finalement reconnu que la dette multilatérale de certains pays parmi les plus pauvres au monde n’était plus due. Cela a mené à la création de l’initiative PPTE en 1996, l’initiative améliorée PPTE en 1999 et l’accord du G8 sur l’annulation de la dette multilatérale en 2005.
L’initiative PPTE prévoit l’annulation partielle de la dette (environ 50%) pour plus ou moins trente des pays les plus pauvres. Les pays ont été sélectionnés par la BM et le FMI sur base de critères économiques et ces derniers ont du suivre un programme drastique de réformes économiques mises en place par la Banque et le FMI. L’initiative de 2005 prévoyant une remise de la dette multilatérale promet une annulation plus large pour les dettes du FMI, de la Banque mondiale et du Fonds Africain pour le développement et ce à l’attention de tous les pays qui ont terminé le programme de réforme économique.
Selon nous, ces initiatives ne vont pas assez loin. Elles n’annulent pas toutes les dettes de ces pays extrêmement pauvres. Elles excluent également de nombreux pays qui ont besoin de cette annulation de dettes pour atteindre les objectifs du millénaire en 2015. Ces annulations sont également soumises à des conditions économiques qui peuvent s’avérer très dommageables et laissent les relations de pouvoir très injustes inchangées. Pour ces raisons, les activistes continuent de surveiller les initiatives officielles d’annulation de la dette multilatérale et de faire pression pour plus d’actions décisives.