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Le Royaume-Uni suspend ses financements à la Banque Mondiale pour protester contre les conditions attachées aux prêts

30 November 2006

 Le gouvernement britannique a refusé de payer 50 millions de Livres sterling de contribution à la prochaine reconstitution des ressources de l’IDA, l’Association Internationale de Développement de la Banque Mondiale, en signe de son mécontentement envers le manque de progrès réalisés dans la réforme des conditionnalités de la Banque Mondiale.
 
Le Secrétaire d’Etat britannique Hilary Benn a en effet fait savoir qu’il ne considérait « pas juste » d’imposer des conditions telles que des privatisations ou la libéralisation du commerce aux politiques économiques d’un pays.
 
Le Royaume-Uni considère que la Banque n’a absolument pas respecté ses engagements et n’a pas suffisamment favorisé « l’appropriation » des pays. Dans une interview de BBC Radio 4, Hilary Benn explique que « l’année dernière, la Banque Mondiale a adopté une série de nouveaux principes établissant que ces conditions devaient refléter les priorités économiques définies par les pays eux-mêmes », et que le versement des 50 millions de £ était subordonné aux progrès que réaliserait la Banque au regard de son engagement à réduire les conditions imposées sur les politiques économiques.
 
L’étude d’Eurodad intitulée « La conditionnalité de la Banque Mondiale et du FMI : une injustice pour le développement » montre que 15 pays en développement sur 20 doivent respecter des conditions relatives à des privatisations dans le cadre des contrats de prêt qu’ils ont conclus avec la Banque Mondiale. A l’inverse de ce qu’avance la Banque Mondiale, l’étude d’Eurodad révèle également que le nombre de ces conditions relatives à des privatisations imposées par la Banque a bien augmenté, et non baissé, depuis 2001.
 
Christian Aid, membre du réseau Eurodad, encourage cette démarche, que Charles Abugre, Responsable des Etudes Politiques, a commentée de la manière suivante : « nous saluons cette étude qui vient confirmer la conviction de Christian Aid que les conditions économiques imposées par la Banque et le Fonds aux pays pauvres peuvent avoir des conséquences désastreuses sur ces derniers. »
 
« Mais ce n’est qu’une première étape. Nous demandons maintenant à la Grande-Bretagne de poursuivre plus loin ses efforts et de retirer tous ses fonds. Tant que ces organisations n’entreprendront pas une réforme radicale et ne laisseront pas aux pays pauvres la place pour se développer, elles ne seront qu’un immense gâchis auquel nous ne devons pas adhérer. »
 
Oxfam, également membre d’Eurodad, exhorte les autres riches pays créanciers à suivre l’exemple du Royaume-Uni et à faire pression sur la Banque Mondiale et le FMI pour qu’ils limitent leurs conditions politiques au strict minimum nécessaire pour amener une certaine transparence financière et garantir la réduction de la pauvreté.
 
Dans l’actualité :
 
Edition électronique du journal The Independent : http://news.independent.co.uk/uk/politics/article1582923.ece
 
Le Times en ligne : http://www.timesonline.co.uk/article/0,,3-2357572,00.html